Déviant Disco, La Station E, Montreuil. Crédit photo : Amanda Rougier

Ne soyez pas disco, soyez Deviant Disco !

Tel pourrait être le mot d’ordre de ce collectif regroupant les adeptes d’une secte très ouverte dont le but avoué est de vous faire danser loin des diktats du clubbing de masse. Né à la fin des 70’s sur les cendres du flower power, la – ou le – disco a pris tout son sens au sein des grands clubs new-yorkais, pour toutefois évoluer vers un style formaté. Comme dans tous les domaines artistiques, quelques artistes se sont éloignés de l’orthodoxie en vigueur et ont réussi à rendre ce genre plus provoquant que les Hits du top 50 de l’époque. En Italie, la cosmic disco donnera naissance à l’italo-disco, et surtout, un peu partout en Europe à l’est comme à l’Ouest, des compositeurs français, espagnols, belges, yougoslaves ou encore turcs s’adonnent dès le début des années 80 à des productions jouissives qu’on aurait tort de vouloir ignorer. Petit à petit, c’est dans le monde entier que le disco étend son influence : des productions correspondant clairement au canon stylistique du disco naissent également dans les « pays émergents », en Inde, en Asie du Sud-Est mais aussi en Afrique ou au Brésil.

En Europe, c’est au milieu des 80’s qu’émerge un disco alternatif, flirtant dangereusement avec les synthétiseurs les plus sophistiqués couplés à d’irrésistibles boîtes à rythmes : le son se simplifie, abandonnant dans la plupart des cas de complexes lignes mélodiques pour un death disco qui lorgne vers la wave music.

De la passion pour cette musique est né un collectif : quelque chose qui ressemble à du disco mais qui n’est pas vraiment du disco. Deviant Disco se donne comme mission première de défricher des productions délaissées, difficilement classifiables, qu’il s’agisse de morceaux actuels ou de pépites inconnues, d’oldies comme de nouveautés. Deviant Disco, c’est une équipe d’inlassables diggers et des DJs à l’esprit ouvert – mais aussi des graphistes, monteurs VJs, décorateurs ou performers qui ne comptent pas s’interdire des incursions dans les productions les plus intrigantes de la dance music.

Outre le label Deviant Disco qui sort uniquement en vinyles des pépites méconnues, le collectif organise également des conférences sur des genres musicaux comme la Synth wave, le Krautrock, l’Italo disco ou encore plus récemment sur les liens entre le chamanisme et les rituels dans la musique électronique comme la Rave. Toutes les conférences ont eu lieu au FGO Barbara, centre des musiques actuelles qui organisent des résidences d’artistes, des concerts et des tables rondes. Deviant Disco a également collaboré avec le Mucem à Marseille dans le cadre de le cadre des Nuits Vernies.

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